Oh tristesse...!

Oh tristesse...!
Ma vie est un triste couloir
Où je chemine dans le noir
De grisaille en désespoirs
Il n'y a pas d'échappatoire !
Mon âme est un triste caveau
Où j'enterre mes idéaux
Le monde est résolument faux
Toute merveille à son défaut
Mon c½ur est un joyeux calvaire
Où je sanctifie ma misère
L'amour qui s'y noie et s'y perd
Est résolument trop amer
Mon sourire est un exutoire
Où je déguise mon cafard
Si vous pensez le recevoir
Ne vous contentez pas d'y croire
Mon être souffre, assurément
Voyez vous ce vide inquiétant ?
Tandis qu'en moi il se répand
Un spleen bien envahissant !

# Posté le jeudi 23 août 2007 13:10

intolérable escale (poeme protégé)

intolérable escale   (poeme protégé)
Intolérable escale

Mon navire fit escale au port de La Jolla
Et sans un sou en poche, j'errai au gré des pas
Dans les sombres ruelles où sans pouvoir dormir
Les autres mariniers se saoulaient à vomir
Pour étancher ma soif, j'ai bu l'eau du vieux port
Dont les algues verdâtres étranglaient les renforts
Les tavernes bondées reflétaient dans l'eau sale
Et crachaient sur le port leur cadence infernale
Je reteins ma nausée en passant la jetée
Dont le béton lugubre de pisse était souillé
Et j'étalais ainsi mon paletot immonde
Délassant ma carcasse loin du bruit et du monde
Quand un homme surgit, presque sorti des voiles
Le nez dans son blouson, les yeux dans les étoiles
« Soyez mon hôte -dit-il- il fait si froid dehors »
Nous longeâmes ainsi les voiles du vieux port
J'entrai dans la tanière, un âtre plein d'ordures
Chauffait la pièce ronde aux tristes fournitures
Rongé d'un trouble intense, lassé je m'endormis
Sur l'infâme paillasse qui me servait de lit
Ainsi les heures coulèrent d'un sommeil brûlant
Quand soudain sur ma lèvre un souffle haletant
Une langue râpeuse engouffrait dans ma gorge
Un nectar aux accents suaves du sucre d'orge
La langue se hâta au creux de mon oreille
Tout animé en moi l'homme de l'outre ciel
Au corps semblable au mien enflammait tous mes sens
Pénétrait mes entrailles de succulente essence
Lorsque enfin achevée l'étreinte intolérable
Essuyé le plaisir et jeté sur la table
Mon mouchoir coupable, mon exquise sueur
La violente pendule tapa toutes ses heures
Encore tout enivré je devais parcourir
Le chemin endormi qui menait au navire
Nous longeâmes la côte, abandonnant le port
Les uns anéantis, les autres ivres morts
Je rêvais aux délices de ce pernicieux drame
Qu'il me faudrait voiler dans le sein de ma femme.

Marie-Paule Asselain

# Posté le mardi 03 juillet 2007 05:03

poeme protégé...détresse...

poeme protégé...détresse...
Détresse


L'homme désemparé dénoua mon foulard
Et un a un les dix boutons de mon corsage
Il balada sa main sur mes cheveux épars
Nos yeux s'appréhendèrent d'un sinistre présage
Il engouffra ses doigts dans ma bouche engourdie,
Et bascula ma tête sur le béton glacé
-J'hurlais si fort qu'un voile étouffa tout mes cris-
De sa main arracha ma culotte brodée
Et passa sur mon ventre, effleura ma poitrine
Ses doigts déterminant la creusée du sternum
Et pénétrant en moi, d une fièvre assassine
Dictant haut tous les nombres dont je faisait la somme
Il écrasa mon c½ur et je sentais les cotes,
Se tordre et se briser en lacérant mes chairs
Et soudain rassasié de compresser mon buste
Sur ma bouche sa bouche qui s'étirait sans cesse
Souffla en agitant une langue robuste
Il pénétra trois fois son souffle dans mon corps
Puis massa promptement ma poitrine blessée
Il compta jusqu'à quinze, et puis souffla encore
Malaxant par quinzaine, tremblant et asphyxié
Puis s'étala sur moi, ivre de sa détresse
Dans un torrent de larmes, il hurla au lointain :
« Elle est morte, elle est morte, j'ai tué ma princesse »
Je caressais son front, mais il ne sentit rien...

Marie-Paule Asselain

# Posté le mardi 03 juillet 2007 04:53

Modifié le mardi 03 juillet 2007 05:04